MicroVision cible le secteur du camionnage avec sa stratégie LiDAR de nouvelle génération
MicroVision affirme que le camionnage commercial pourrait devenir l’un des premiers secteurs à adopter de façon concrète la technologie LiDAR de nouvelle génération, alors que les flottes cherchent des moyens de réduire les collisions et les coûts d’assurance, tout en ouvrant éventuellement la voie au transport de marchandises autonome.
Lors d’une présentation tenue dans le cadre de la Maison des journalistes en marge de l’ACT Expo, Greg Scharenbroch, vice-président de l’ingénierie chez MicroVision, a présenté la stratégie «LiDAR 2.0» de l’entreprise.

Il a indiqué que l’entreprise teste déjà ses systèmes sur des camions commerciaux en Europe et qu’elle réoriente sa technologie loin de l’engouement entourant les robotaxis, qui avait marqué la première vague d’investissements dans l’industrie.
«L’équation économique ne fonctionnait tout simplement pas», a déclaré Greg Scharenbroch au sujet des premiers programmes de véhicules autonomes axés sur les taxis et camions autonomes.
L’entreprise cible plutôt des applications commerciales plus immédiates, notamment les systèmes avancés d’aide à la conduite, le camionnage autonome de terminal à terminal, la surveillance des angles morts, l’automatisation des cours de triage et la détection d’obstacles à longue portée.
MicroVision décrit son approche LiDAR 2.0 comme une transition vers des systèmes évolutifs et moins coûteux, conçus spécifiquement en fonction de la viabilité commerciale. Les diapositives présentées lors de la séance d’information mettaient en avant quatre piliers principaux : un déploiement élargi dans plusieurs secteurs, une ingénierie axée sur la réduction des coûts, l’intégration logicielle et une discipline financière rigoureuse.
Greg Scharenbroch a indiqué que l’un des principaux avantages du LiDAR par rapport aux systèmes conventionnels basés sur des caméras est sa capacité à détecter les dangers bien au-delà de la portée des phares.
«Si un camion circule sur l’autoroute à une certaine vitesse, il doit pouvoir voir très loin devant lui et détecter quelque chose dans l’obscurité avec une très faible réflectivité au sol… puis être capable de le repérer assez tôt pour fournir un avertissement avancé suffisant afin de permettre au conducteur d’effectuer une manœuvre d’évitement ou de ralentir», a-t-il expliqué.
MicroVision a indiqué que ses systèmes actuels à longue portée peuvent détecter des objets à environ 820 pieds (250 mètres), tandis qu’un capteur à très longue portée actuellement en développement pourrait éventuellement atteindre une portée d’environ un kilomètre.
MicroVision a également présenté les arguments financiers en faveur de l’adoption du LiDAR dans le camionnage. Les documents présentés affirmaient que les systèmes avancés de sécurité pourraient permettre d’éviter des coûts liés aux accidents d’environ quatre cents par mille parcouru, de réduire les coûts moyens des accidents de 15%, de diminuer les coûts d’assurance jusqu’à 20% et d’améliorer l’efficacité opérationnelle de six à huit cents par mille.
Greg Scharenbroch a cité des statistiques de l’industrie montrant qu’environ 5 000 décès par année aux États-Unis impliquent des camions de classe 8, de nombreux accidents étant liés à des collisions arrière et à des erreurs humaines.
«Il existe des centaines, probablement des milliers d’études au fil des ans qui montrent que jusqu’à 90% de tous les accidents sont attribuables à une forme d’erreur humaine», a-t-il affirmé.
MicroVision estime que les systèmes automatisés équipés de LiDAR pourraient éventuellement aider les flottes à faire face à la pénurie de conducteurs et à améliorer l’utilisation des tracteurs en permettant des opérations plus continues.
«Les niveaux d’autonomie L4 et L5 n’imposent pas de limites sur la durée de conduite d’un chauffeur», a déclaré Greg Scharenbroch, en référence aux niveaux d’autonomie les plus avancés. «Vous n’avez pas d’équipements immobilisés dans un terminal sans être utilisés. Vous pouvez les faire fonctionner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.»
MicroVision a récemment acquis des actifs du développeur de LiDAR en faillite Luminar, notamment du personnel d’ingénierie, des infrastructures de fabrication et des programmes clients liés aux plateformes de capteurs Iris et Halo de l’entreprise.
Greg Scharenbroch a indiqué que cette acquisition a permis à MicroVision d’intégrer environ 85 employés, dont la majorité sont des ingénieurs possédant une expérience en production automobile.
L’entreprise a présenté un véhicule équipé d’un capteur Halo orienté vers l’avant et de plusieurs capteurs Movia à courte portée afin d’offrir une couverture presque complète à 360 degrés autour du véhicule..
Au-delà du camionnage, MicroVision adapte également la même architecture de capteurs et de logiciels à l’automatisation des entrepôts, aux camions miniers, aux drones, à la navigation maritime et aux applications militaires.

Sur la route
Une démonstration en direct a montré comment les capteurs et les logiciels de MicroVision fonctionnent ensemble en temps réel, en combinant des systèmes LiDAR à longue et à courte portée au sein d’un seul système de perception.
Lors d’un trajet dans les rues de Las Vegas, le système a fusionné les données provenant de quatre capteurs, une unité à longue portée orientée vers l’avant et trois capteurs à courte portée installés autour du véhicule, afin de créer une vue continue à 360 degrés de l’environnement.

Les objets étaient non seulement détectés, mais aussi classifiés et suivis, le système identifiant les véhicules, les surfaces routières et les marquages de voie, tout en prédisant leurs mouvements en fonction de leur vitesse et de leur direction.
Le système fonctionne à environ 10 images par seconde, mettant continuellement à jour une carte 3D de l’environnement et suivant les objets situés à plus de 200 mètres devant le véhicule.
L’une des principales capacités démontrées était le fonctionnement sans GPS. Le système créait une carte en temps réel du trajet, puis localisait le véhicule dans cette carte uniquement à l’aide des données LiDAR, une fonctionnalité qui, selon l’entreprise, pourrait s’avérer utile dans les terminaux, les cours de triage ou les zones où les signaux GPS sont peu fiables.
Les ingénieurs ont également démontré comment le système filtre les objets en mouvement lors de la création des cartes, en se concentrant uniquement sur les infrastructures fixes, comme les bâtiments et la géométrie routière. Cela permet aux flottes de partager et de mettre à jour les cartes entre les véhicules à l’aide de petites mises à jour de données plutôt qu’en procédant à une remodélisation complète.
La démonstration a également mis en évidence la répartition des rôles entre les capteurs : le LiDAR à longue portée est orienté vers l’avant afin de détecter les dangers à plusieurs centaines de mètres, tandis que les capteurs à courte portée couvrent les angles morts autour du véhicule.
«C’est ainsi qu’on obtient une véritable couverture à 360 degrés», a expliqué l’ingénieur, précisant que le système prend en charge des fonctions comme le freinage d’urgence automatique et l’assistance à la direction grâce aux données provenant des capteurs à longue et à courte portée.
MicroVision a également démontré une technologie de balayage dynamique, où le système ajuste son champ d’attention en fonction de l’environnement de conduite, en privilégiant la distance sur les autoroutes et un niveau de détail plus élevé à proximité du véhicule en milieu urbain.
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