Près de 248 000 emplois dans le secteur canadien des transports dépendent de la demande américaine, selon un rapport
Près de 248 000 emplois dans les secteurs canadiens du transport et de l’entreposage dépendent de la demande provenant des États-Unis, ce qui met en évidence les enjeux pour le secteur du transport de marchandises alors que le Canada et les États-Unis négocient l’avenir de leur relation commerciale.
Un nouveau rapport préparé par Oxford Economics pour le Conseil des affaires canado-américaines (CABC) révèle que 247 828 emplois dans les secteurs du transport et de l’entreposage étaient directement ou indirectement soutenus par les exportations canadiennes vers les États-Unis en 2024.

Cela représentait 9,7 % des 2,55 millions d’emplois canadiens dépendant de la demande américaine, ce qui plaçait le transport et l’entreposage au troisième rang des secteurs les plus dépendants, derrière la fabrication, avec 693 910 emplois, et les services professionnels, scientifiques et techniques, avec 378 359 emplois.
Le rapport, intitulé Economic Impacts of US-Canada Tariff Escalation Under the USMCA, examine trois scénarios possibles pour la relation commerciale canado-américaine : le maintien de l’environnement tarifaire actuel, une renégociation réussie de l’ACEUM qui ramènerait la plupart des tarifs douaniers à des niveaux proches de zéro et un échec de l’ACEUM accompagné d’une escalade généralisée des tarifs.
Pour les fournisseurs de services de transport, les répercussions vont au-delà des emplois directement liés au transport international de marchandises. Selon Oxford Economics, une diminution des échanges commerciaux et des investissements réduirait la demande de services de transport et d’autres services dans l’ensemble de l’économie.
En cas d’échec de l’ACEUM, les exportations canadiennes seraient inférieures de 6,2 % en 2035 par rapport au statu quo, tandis que les exportations américaines reculeraient de 4,5 %. À l’inverse, une renégociation réussie ferait augmenter les exportations canadiennes de 6,4 % et les exportations américaines de 3,1 %.
Le rapport indique que la diminution des échanges commerciaux et des investissements dans le scénario d’un échec de l’ACEUM réduirait la demande dans les secteurs du transport, de la construction et des services professionnels, même si une grande partie des pertes d’emplois initiales serait concentrée dans le secteur manufacturier.
Les chaînes d’approvisionnement intégrées stimulent le transport de marchandises
L’exposition de l’industrie du camionnage reflète le degré élevé d’intégration des chaînes d’approvisionnement canadiennes et américaines.
Selon le rapport, 65% du commerce bilatéral de marchandises sont constitués d’intrants intermédiaires plutôt que de produits finis. Ces composants et matériaux peuvent traverser la frontière à plusieurs reprises au fil des différentes étapes de fabrication et d’assemblage.
L’industrie automobile en offre l’un des exemples les plus frappants. Selon Oxford Economics, une seule composante automobile peut traverser la frontière canado-américaine jusqu’à huit fois avant que le véhicule fini ne sorte de la chaîne de montage.
Le rapport souligne que les expéditions transfrontalières génèrent également une demande pour des services de logistique, d’ingénierie, de finance et autres, ce qui contribue à expliquer pourquoi près des deux tiers des emplois dépendant du commerce des deux côtés de la frontière se trouvent dans le secteur des services plutôt que dans le secteur manufacturier.
La fabrication de camions et de remorques est exposée
La fabrication de matériel de transport ferait également partie des industries les plus touchées par l’issue des négociations entourant l’ACEUM.
Au Canada, une renégociation réussie entraînerait une hausse cumulative de 10,4 % de la valeur ajoutée brute réelle dans la fabrication de véhicules automobiles, de carrosseries, de remorques et de pièces entre 2025 et 2035, par rapport au statu quo, soit la plus forte progression parmi les industries canadiennes examinées.
Un échec de l’ACEUM aurait l’effet inverse, entraînant une baisse de 4,1 % de la production du secteur canadien de la fabrication de véhicules automobiles, de carrosseries, de remorques et de pièces. Aux États-Unis, ce même secteur enregistrerait un recul de 2,2 %, ce qui en ferait l’industrie américaine la plus durement touchée parmi celles recensées dans le rapport.
L’Ontario et le Québec seraient particulièrement exposés en raison de l’importance de leurs secteurs de l’automobile, des métaux et de la machinerie. La Colombie-Britannique, quant à elle, profiterait d’une renégociation réussie principalement grâce à une hausse de la demande pour les services professionnels et de transport au sein des chaînes d’approvisionnement, plutôt que d’un allègement direct des tarifs douaniers, selon le rapport.
Dans l’ensemble, Oxford Economics estime qu’une renégociation réussie de l’ACEUM permettrait de soutenir 98 000 emplois supplémentaires au Canada en 2027 par rapport au statu quo, tandis qu’un échec entraînerait la perte de 102 000 emplois. Aux États-Unis, une renégociation réussie se traduirait par 137 000 emplois supplémentaires, alors qu’un échec de l’ACEUM entraînerait la perte de 214 000 emplois.
«La relation entre les États-Unis et le Canada constitue l’un des partenariats économiques les plus intégrés au monde, soutenant des millions d’emplois, stimulant l’innovation et renforçant notre compétitivité collective», a déclaré Beth Burke, PDG du CABC. «Ce rapport met en évidence l’ampleur de cette intégration et montre à quel point nous sommes plus forts ensemble.»
«Les décisions prises aujourd’hui détermineront la compétitivité économique de l’Amérique du Nord pour les décennies à venir», a ajouté Mme Burke. «Les entreprises des deux côtés de la frontière recherchent de la prévisibilité.»
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