Le manque de stationnement coûte 4600$ par an aux camionneurs et empire la pénurie, dit l’ATRI – Hausse des taxes sur le carburant aux USA?

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Les propriétaires de relais routiers des États-Unis membres de l’association NATSO se sont réunis en congrès récemment et ont discuté de différents enjeux qui touchent leur industrie.

Au premier plan : la question du manque de places de stationnement pour camions. Non seulement la recherche d’une rare place permettant de s’arrêter pour respecter les normes sur les heures de service engendre-t-elle du stress qui nuit à la santé des routiers, cette difficulté contribue à alimenter la pénurie de chauffeurs, estiment des experts invités au congrès de la NATSO.

Le vice-président à la recherche de l’American Transportation Research Institute (ATRI), Dan Murray, a estimé à 4 600 $ par an le manque à gagner d’un camionneur à la recherche d’un endroit où stationner. Cette perte de temps serait en moyenne de 56 minutes par jour, par chauffeur. La plupart des routiers sont payés à la distance parcourue mais doivent néanmoins respecter un maximum d’heures conduites. Cela signifie que chaque minute passée à la recherche de stationnement représente du travail impayé.

« C’est souvent le dernier clou dans le cercueil », a imagé M. Murray pour expliquer que plusieurs routiers quittent l’industrie en raison de ces incongruités.

Le seul fait que ce débat prenne de plus en plus de place tend cependant à faire bouger les choses. Au Québec par exemple, les projets de rénovation de haltes routières publiques incluent désormais presque systématiquement l’ajout de places supplémentaires pour les poids lourds.

En Ontario, le gouvernement provincial a commandé une vaste étude sur les manières de combler les besoins en la matière, notamment dans le sud du territoire ontarien.

Taxer le carburant pour les infrastructures aux USA?

Toujours dans le cadre du congrès de la NATSO, des voix se sont élevées pour suggérer des hausses de taxes sur le carburant afin de mieux financer les infrastructures routières. L’ancien président de l’American Trucking Associations (ATA), Dave Manning, était du lot.

Selon lui, une hausse de 10 cents le gallon de carburant (environ 2,6 cents le litre) serait un bien faible coût à payer comparativement aux frais de réparation et de perte de productivité engendrés par des bris de pneus ou de suspension d’un camion ayant roulé dans un nid-de-poule.

La taxe fédérale sur le diesel aux États-Unis est de 24,4 cents le gallon et n’a pas été augmentée depuis 1993, peut-on lire sur le site de l’Alliance canadienne du camionnage.

Reste à voir ce que les transporteurs d’ici faisant affaire aux États-Unis penseraient d’une telle solution. Des hausses de taxes successives sur le carburant au Québec, visant justement le même objectif d’amélioration des infrastructures, n’ont pas jusqu’ici produit d’effet probant. Plusieurs ont plutôt eu l’impression que les gouvernements utilisaient ces taxes pour boucler leur budget global (fonds consolidé), sans que les sommes soient directement allouées aux infrastructures routières selon le principe de l’utilisateur payeur.

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